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La fast fashion ou le fléau moderne

  • 7 juil. 2017
  • 4 min de lecture

Sujet sensible que nous nous devions d'aborder avant cette fin d'année, l'univers de la mode regorge de belles choses, il suffit d'aller chercher la vidéo du défile Jacquemus sur le fort Saint Jean fin mai 2017. Mais loin de nous l'idée de vous briser cet enchantement (car nous avons pour but d'écrire prochainement sur ce créateur),il nous semble nécéssaire de parler d'un sujet qui nous touche la Fast-Fashion et des conséquences qu'elle engendre.


Qu'est ce que ce mot anglais composé signifie ? Rien de plus simple si ce n'est "Mode Rapide" qui a pour but de répondre aux exigences d'un marché qui se veut toujours plus productif, à bas coût et grandement concurrentiel. Les marques de notre quotidien sont impliquées dans cette course à la mode immédiate, pour que le client ait toujours l'illusion du choix et de la nouveauté. Il est plaisant de pouvoir se procurer des vêtements qui ressemblent fortement à ce qui a pu être dévoilé à la Fashion Week et qui font rêver tout amateur de mode, mais à quel prix ?


Nous savons tous que la plupart des étiquettes qui sont dans nos vêtements indiquent des pays qui ne sont nullement ceux des marques, mais plutôt des pays en voie de développement où la main d'oeuvre est bien moins chère que que le taux horaire que nous pouvons trouver dans l'union européenne. La Chine, l'Inde, le Bangladesh et d'autres pays d'Asie fournissent les marques qui nous permettent de renouveler notre garde robe perpétuellement à moindre coût. On note que depuis quelques années les prix dans certaines enseignes augmentent sous couvert de pièces plus tendances avec une qualité supérieure à l'accoutumée, mais les marges engendrées par les entreprises restent quasiment les mêmes. En effet si le prix s'élève en fonction de la gamme, ce n'est pas parce que le pays qui sous-traite a de meilleures conditions de travail, mais plutôt en raison de collaborations avec des grands stylistes. En témoigne le rendez-vous annuel de l'enseigne suédoise H&M, celle-ci s'associe avec un créateur tendance à chaque fin d'année pour faire une collection capsule dont les prix peuvent monter jusqu'à 500 euros. Pour autant n'allez pas croire que l'ouvrier qui a confectionné les pièces est mieux payé ou qu'il a fait une journée de sept heures de travail, non ce prix est justifié par une campagne marketing qui aura pour but de faire déplacer aussi bien les adeptes de la mode que les curieux (Je prendrai comme exemple la collaboration H&M x Balmain qui a généré des attroupements inimaginables pour une enseigne low-cost).


(Une campagne marketing finement menée pour des articles de "luxe" made in China)

Ainsi notre nouvelle façon de consommer a des répercussions que nous ne pouvons voir dans notre quotidien, mais le fait d'offrir une nouvelle collection toutes les deux semaines aux clients crée des conséquences dramatiques d'un point de vue aussi bien humain qu'écologique.

Le Bangladesh a connu une catastrophe qui a mis en lumière dans quelles conditions nos vêtements low-cost étaient fabriqués. Le 24 Avril 2013, l'immeuble Rana Plaza,un bâtiment de huit étages (dont les 4 derniers avaient été construits sans permis) situé à Dacca, s'effondre sur lui-même suite à un non respect des règles de sécurité. Au total plus de 1 100 personnes perdent la vie suite à l'accident. Au milieu des gravats, les étiquettes de grandes enseignes comme Mango, H&M, Primark ainsi que le groupe Inditex (qui détient Zara, Pull&Bear...) sont retrouvées. Cet évènement dramatique montre l'énorme sous traitance de la part des entreprises européennes qui voient en l'Asie un eldorado pour faire fabriquer à bas prix des vêtements que nous achetons au quotidien pour un prix relativement modeste.


(Le bâtiment Rana Plaza après l'effondrement)

Car oui la mondialisation offre peut être à notre budget vestimentaire la possibilité de ne pas se ruiner chaque mois mais pour cela il faut faire des concessions, et ces dernières se font en partie sur la main d'oeuvre. En privilégiant les sous-traitants à l'étranger, cela permet ainsi de proposer aux clients des enseignes de la Fast-Fashion un produit abordable et tendance tout en permettant à l'entreprise de sortir une marge élevée en raison des quantités produites. Un ouvrier au Bangladesh touchait, avant la catastrophe, un salaire minimum mensuel de 29 euros. Quand en France on touche quasiment le double en seulement une journée. Depuis l'évènement, les salariés du textile ont eu une augmentation amenant le salaire minimum mensuel à 68 euros. Maigre consolation quand on sait que leur objectif était d'avoir un salaire de 100 euros.

L'autre soucis qu'amène la Fast-Fashion c'est la pollution qu'elle produit au travers de sa production intensive. En effet, pour avoir un 1kg de fibres de coton il faut une irrigation comprise entre 6 000 et 27 000 litres d''eau, causant ainsi pollution et une eau non potable. Pour avoir des récoltes efficaces, les champs de coton sont aspergés des pesticides rendant alors les récoltes nocives et toxiques. De plus à l'heure actuelle, nous n'avons pas trouvé de solution concrète pour recycler correctement les invendus. Car un vêtement qui ne trouve pas un acheteur se retrouvera dans un coin du rayon, suite à un nouvel échec il ira dans le bac des soldes. Mais quand vient le moment de mettre en place la nouvelle collection, ce fameux produit va se retrouver à la décharge avec une faible chance d'être recyclé rendant difficile la fabrication d'un nouveau vêtement avec les fibres des produits non voulus. L'autre problème provient du fait qu'il est compliqué de se débarrasser des vêtements achetés dans ces enseignes auprès des friperies en raison d'une mauvaise qualité générale et de produits qui perdent rapidement leur valeur.



Au travers de cet article, notre but n'est pas de culpabiliser les personnes qui achètent dans ces grandes enseignes (nous ne vous cachons pas qu'avec un salaire étudiant, nous ne pouvons pas nous permettre d'acheter que des articles haut de gamme et de luxe), mais d'amorcer une réflexion sur les mécanismes qui se cachent derrière un vêtement à bas prix.

Avons nous forcément besoin d'acheter constamment des vêtements pour les porter seulement une saison ? A l'inverse en achetant de manière raisonnée, on se construit une garde robe de qualité, qui nous est propre et nous façonnons notre propre style.


 
 
 

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